L'affaire débute mal : le 18 septembre 1870, arrivés à la gare Montparnasse avec 108 pigeons déjà embarqués, Prosper Derouard et
ses amis sont suspectés d'espionnage et le Chef de Gare refuse de les laisser partir sans une autorisation des autorités compétentes.
Dans l'attente du document ils doivent décharger leurs pigeons. A peine Prosper Derouard a-t-il le document en mains, qu'il se précipite
à la Gare, mais entre-temps, le train est parti et les autorités Prussiennes ont interdit le trafic ferroviaire.
Finalement, les pigeons partiront de Paris ...par ballons.
Le 23 Septembre, le photographe aérostier Nadar, parti de Paris, réussit à poser un vieux ballon, le Neptune près d'Evreux.
La décision de faire transiter le courrier par voie aérienne est prise à la suite de ce succès, et un décret du 26 septembre 1870,
met à la disposition du service public le service des ballons montés.

On estime que sur les cinquante-cinq ballons montés qui ont transporté du courrier, (sur 67 ballons au total), plus de deux
millions de lettres ont été acheminées.
(NOTA : Ne figurent dans ce tableau que les principaux envois de pigeons : plus de 10, ou acheminements particuliers)
Ballon |
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| 25 septembre Ville de Florence |
3 | ||
| 7 octobre Armand Barbès |
16 | ![]() Léon Gambetta part à Tours |
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| 7 octobre George Sand |
18 | ||
| 12 octobre Washington |
25 | Van Roosebekke | |
| 12 octobre Louis Blanc |
8 | Traclet | |
| 14 octobre Jean Bart I |
10 | ||
| 27 octobre Vauban |
23 ou 24 | ![]() Edouard Cassiers |
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| 12 novembre Daguerre |
30 | Ernest Nobécourt |
Le ballon emportait du matériel destiné à la fabrication des pellicules, cinq cages de six pigeons et 5 sacs de courrier. Après avoir essuyé quelques tirs Prussiens, le ballon, dont l'enveloppe fut percée à plusieurs endroits est contraint d'atterrir en catastrophe. Il se pose près d'une ferme de Ferrières dans les environs de Lagny en Seine-et-Marne. Nobécourt a juste le temps de jeter un sac de courrier et une cage de pigeons. Le sac et les six pigeons seront récupérés par le Garde-chasse de Ferrière et amenés à la Poste. Parmi ces lettres, certaines contiennent les premières Dépêches-réponse. Une partie du courrier restant à bord sera confisqué par les Prussiens et restitué après l'armistice. Quant à Nobécourt, capturé par les Prussiens il est envoyé en captivité et séjournera cinq mois à Glatz en Silésie |
| 12 novembre Niepce |
3 | ![]() Dagron Fernique, Poisot |
transport d'équipement de laboratoire qui n'arrivera pas à son but, puisque touché par les Prussiens, le ballon sera contraint à l'atterrissage e territoire occupé. Dagron réussira à leur échapper. La Perre de Roo raconte qu'un des pigeons fut capturé par les Prussiens et envoyé à Frédéric de Prusse qui l'offrit à sa mère. Deux ans plus tard, le pigeon profitant de la cage ouverte, s'envola et retourna dans son colombier à Paris. |
| 18 novembre Général Uhrich |
34 | Thomas | |
| 21 novembre l'Archimède |
21 | Atterrissage près de Turnbout en Belgique. | |
| 24 novembre Egalité |
12 |
Seul Prosper Derouard restera à Paris pour continuer la réquisition des pigeons.
Léon Gambetta rédige à cette fin le document suivant :
![]() © Musée de la Poste, Paris |
| Paris, le 18 Septembre 1870. Monsieur Derouard, porteur du présent, est autorisé à requérir partout où faire se pourra et contre remboursement de leur valeur, les pigeons qui lui sont nécessaires pour un service dont il est chargé par le gouvernement. Le Ministre de l'Intérieur, Léon Gambetta |
Chez Prosper Derouard (Document du 4 avril 1903)
Initialement, les pigeons étaient destinés (sur ordre de Rampont) à être relachés dès que le ballon touchait terre de manière à
informer Paris que le vol s'était bien (ou mal) déroulé.
Sur contre-ordre de Steenackers, les pigeons seront affectés également au transport des dépêches officielles.
Le service s'organisa alors en conséquence et, la première dépêche fut envoyée le 27 septembre.
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